Conseil communal de Seraing | Février 2015

Retour du conseil communal du 23/02/2015

 

Le conseil communal de ce lundi a débuté par la présentation par le bourgmestre du plan de reconversion des sites HFB, HF6 et Cokerie suite à leur fermeture.

Selon le PTB, Eriges met en route une série de projets qui rendront certainement la ville plus belle. Mais de nombreuses questions sont à poser concernant l’utilité et la pertinence d’une partie de ces projets.

Le PTB s’interroge notamment concernant la problématique du logement et de la mixité sociale. En effet, sur le site du HF6, il est prévu de construire uniquement des logements de standing. Hors, nous savons que l’importance de proposer des logements de qualité à des prix accessibles est cruciale, et ce pour une bonne partie de la population, y compris des gens qui travaillent mais qui ont difficile à boucler les fins de mois. Cela doit être une préoccupation de la commune.

Le PTB a aussi critiqué les zones franches que le bourgmestre a présenté comme des avantages pour relancer les entreprises à Seraing sur les sites du HFB et de la cokerie. Les zones franches sont des zones où les entreprises ne payent (presque) pas d’impôts et reçoivent des avantages fiscaux pour s’installer. Et ces avantages ne sont pas conditionnés à la création d’emplois. Damien Robert est intervenu pour dénoncer : « Ce mécanisme de cadeau fiscaux aux entreprises ne marche pas. Pourquoi toujours offrir des cadeaux aux entreprises ? On sait que ça ne marche pas. On l’a vu avec Mittal. Les premiers bilans du plan marshall montrent que l’expérience ne fonctionne pas. Pourquoi veut-on refaire les mêmes erreurs ici ? »

Pour le bourgmestre, les entreprises visées seront principalement à activités technologiques et de recherche et seront bien créatrices d’emplois.  : « Autour d’un ingénieur il y a deux ou trois temps. Un ingénieur a besoin de quelqu’un qui lui fait son sandwich à midi, de quelqu’un qui lui nettoie son bureau et de quelqu’un qui lui fait son plein d’essence ». Sans commentaires.

Enfin, le PTB s’est inquiété des coûts de la dépollution des sols. Damien Robert est aussi intervenu : «  J’entends que tous les coûts de dépollution ne seront pas nécessairement pris en compte par Mittal. Je ne comprends pas. Il est quand même évident que Mittal doit payer l’ensemble des coûts. Non ? Vous nous dites que la loi sera respectée mais nous sommes comme Saint Thomas : tant qu’on ne le voit pas, on n’y croit pas ». A cela, le bourgmestre a répondu que cela ne dépendait pas de lui, que la commune sera attentive à ce que Mittal paye ce qu’il doit payer mais que cela dépend du décret sol.

Nous avons également rajouté des points à l’ordre du jour. Le premier concernait la proposition, déposée également par ECOLO, d’une motion « ville anti TTIP ». Le TTIP (Partenariat Transatlantique de Commerce et d'Investissement) est un traité qui se négocie actuellement entre l'Europe et les Etats-Unis. L’ambition de ce traité  est d’uniformiser les normes sociales, environnementales, économiques et démocratiques dans les pays, régions et communes qui adoptent le traité. Le critère de l’uniformisation étant le libre-échange, le risque est élevé que l’uniformisation de ces normes amène à une régression des droits acquis dans nos pays et nos communes. Un tel texte a été voté à la majorité sans le MR à Liège. La proposition du bourgmestre a été de reporter cette motion au prochain conseil communal afin de permettre la discussion d'un texte qui satisferait tout le monde (comprendre le MR) et ainsi obtenir une unanimité. Pour le PTB, c’est un signal important que nos communes se déclarent ‘hors zone TTIP’ car ce traité menace nos droits sociaux, environnementaux et les principes démocratiques jusque dans nos communes. Nous avons accepté de reporter le point au mois prochain.

Un deuxième point rajouté par le PTB portait sur la question d’un distributeur de billets au Pairay. Ce sujet avait déjà été abordé par le PTB au mois de mai 2013 lors de la fermeture de la banque BNP Paribas. La Ville avait alors déclaré qu’elle entreprendrait les démarches nécessaires en vue de la réinstallation d’un distributeur de billets, au niveau du privé, voire du public si nécessaire. Plus d’un an et demi plus tard, il n’y a toujours pas de bancontact au Pairay. Damien Robert a demandé quelles démarches avaient été entreprises par la commune. L’échevin Delmotte a répondu que beaucoup de démarches avaient été entreprises mais qu’aucune démarche n’avait abouti pour faire installer un distributeur de billets dans la mairie de quartier ou dans le commissariat. Damien Robert a répondu : « En quelques jours, nous avons trouvé une offre concrète. Oui, c’est possible d’installer un distributeur de billets dans un bâtiment public. Voici l’offre. Je peux vous la donner si ça vous intéresse ». L’échevin du commerce a refusé la proposition : « ce n’est pas un service public, ce n’est pas notre rôle, ce n’est pas notre mandat ». Et le bourgmestre a rajouté que la commune ne voulait pas prendre de risques et gérer l’approvisionnement de ce genre d’appareils.