Seraing : un budget 2017 comme les autres... Enfin presque...

Monsieur le Bourgmestre,
Chers collègues,

Vous venez de dire que le budget présenté ressemble à celui des années précédentes. Vous avez raison. C'est la même logique qui est aux commandes et ce budget ressemble en beaucoup d'asêcts au budget précédent. Enfin presque…

Commençons par le personnel. Il faut dire tout d’abord que la situation ne s’améliore pas. La majorité continue à  appliquer la politique de non remplacement et de gel des promotions. Qu’en est-il au CPAS ? Je voudrais commencer par un témoignage d’une employée du CPAS qui explique clairement la situation des assistants sociaux. C’est un témoignage que l’on retrouve dans la « note de politique générale du CPAS » qui en dit long sur les besoins du CPAS.

 « Au fil des années, le travail s’est considérablement complexifié. L’atat fédéral fait porter sur les cpas la charge de traque contre la fraude sociale. Nous subissons le manque de clarté face à la régionalisation et au transfert des compétences, nous absorbons les demandes face aux exclusions du chômage, etc. Mais le plus important encore, l’essence même de notre mission,  s’est modifiée passant peu à peu d’une relation d’aide à la gestion d’un dossier social. Pourtant, l’humain n’est pas un numéro. L’augmentation de la charge de travail, la diminution des aides sociales, le mécontentement de la population et le travail à flux tendus rendent nos missions difficiles. La fonction principale du travailleur social est de lutter contre la reproduction des inégalités sociales. Il faut donc donner les moyens aux cpas et à ses travailleurs sociaux. L’humain est la valeur sur laquelle il faut miser. La société n’a de valeur que par son niveau d’humanité. »

Il y a donc un manque de moyens et un manque de personnel. Nous avions souligné l’année dernière positivement que les départs étaient remplacés au CPAS. Mais c’est dorénavant une politique qui appartient au passé. Les autorités régionales viennent même d’imposer un nouveau plan de gestion qui autorise au maximum un remplacement pour trois départs. Pourtant, le personnel du CPAS est déjà surchargé par l’arrivée massive de demandeurs du Revenu d’Intégration Sociale depuis les mesures qui ont exclu les chômeurs. En tout, il y a eu 1919 dossiers de demande de Revenu d’Intégration Sociale en 2012 contre 3629 en 2016. Il y a donc une augmentation drastique de travail mais paradoxalement, il y a on prévoit moins de personnel. Cette situation n’est bénéfique pour personne : ni pour les travailleurs du CPAS qui doivent faire beaucoup plus avec moins ni pour les demandeurs d’aide.  Certes, pour éviter une trop grosse surcharge et une perte trop forte d’emplois, la Ville va transférer du personnel mais ce ne seront pas des emplois créés. Ce seront quelques employés en plus pour le CPAS et quelques emplois en moins pour la Ville.

Et c’est un problème. Car il faut toujours faire plus avec moins. Les services à la population sont eux aussi affectés. Au niveau du CPAS, la commune a gelé la dotation de la Ville alors que les besoins sont en augmentation car la pauvreté augmente sur le territoire. En 2017, le Cpas et la ville ont annoncé la volonté de sortir la maison de l’enfant, l’envol et l’AMO , la débrouille de la structure pure du Cpas. La Ville et le CPAS annoncent bien qu’elles veulent pérenniser le secteur à Seraing... Et effectivement, dans un premier temps, il est annoncé que la Ville va prendre les frais en mains. Mais jusqu’à quand ? Car on annonce aussi que les couts supportés par la Ville seront dégressifs dans le temps. Et que l’accès aux fonds privés ou philanthropiques serait recherché. Faire dépendre d’institutions de ce type de dons privés ou d’associations philanthropiques est un retour en arrière. Ce n’est pas à la philantropie d’assurer la pérennité d’institutions sociales aussi importantes que celles dont nous parlons. C’est au service public. Concernant la police, la dotation de la police diminue. Cette année, même si elle est compensée en partie par une augmentation de la dotation fédérale, la dotation est en forte diminution en passant de 9 701 536 à 9 156 588 €. La sécurité est pourtant un droit fondamental. Nous avons entendu de votre bouche il y a quelques minutes que les statistiques de la criminalité sont en diminution à Seraing. Est-ce vrai ? Un bref regard sur les statistiques officielles montre qu’il ne faut pas trop pavoiser. Car selon les chiffres de la police fédérale, la criminalité diminue moins à Seraing qu’ailleurs…

La commune avait aussi annoncé au début de son mandat qu'elle ne toucherait pas aux taxes communales. Parmi ces dernières, trois taxes touchent l'ensemble de la population : le précompte immobilier, l'impôt sur les personnes physiques et la taxe sur les déchets. Seraing est une des communes les plus pauvres de Wallonie mais paradoxalement, les taxes sur le précompte immobilier et sur l'impôt sur les personnes physiques y sont très élevées. Dans ce contexte, vu que les taxes sur l'impôt sur les personnes physiques et le précompte immobilier ont quasiment atteint leur plafond légal, il aurait été difficile de les augmenter encore. Pendant ce temps-là, les recettes liées à la taxe et attendues dans le budget continuent d’augmenter. Cette taxe était budgétée à 4 0003 982 € au début de l’année 2016 et pour 2017, elle continue d’augmenter à 4 634 316 €.

Enfin, il faut souligner que pour la première fois depuis longtemps, Seraing est en passe de connaître sur une année une diminution de la population. Il y avait  63953 habitants en septembre 2016 contre 64 172 au 1er janvier.  Cela pose question car il y a de plus en plus de gens qui vivent en Wallonie, dès lors, pourquoi assiste-t-on au phénomène inverse pour notre commune ? Certes, cette évolution et ce solde négatif est pris sur 9 mois. C’est donc impossible de vérifier que la baisse a lieu sur toute l’année 2016. Nous ne voulons à ce jour en tirer aucune conclusion mais c’est interpellant et cette évolution est à surveiller.

En conclusion, la politique des grands chantiers initiée par la Ville à l’aide de subsides publics et de prêts contractés par la commune commence à être visible, une partie de la Ville devient plus belle et cela compte. Mais les services à la population tout comme les moyens pour lutter contre la pauvreté sont gelés ou en diminution, tout cela dans un contexte d’austérité où la population est fortement impactée. Ce budget ne se concentre donc pas sur les priorités.

Damien Robert
Chef de groupe PTB+