Commerces en danger rue Cockerill à Seraing :: la majorité doit agir et les commerçants doivent pouvoir recevoir les indemnités promises

De nombreux commerçants se plaignent de la situation catastrophique qui fait suite aux travaux rue Cockerill. Depuis le début du chantier, de nombreux commerces ont fermé, temporairement ou définitivement. Ceux qui restent vivotent. La majorité socialiste avait pourtant formulé de nombreuses promesses pour rassurer les commerçants.

« Pour le moment, ces promesses ne sont pas tenues et nous n’en pouvons plus », explique Caroline Boumadi, qui tient une sandwicherie  rue Cockerill. « Ces dernières semaines, mon chiffre d’affaire journalier est de quinze euros par jour en moyenne, comment voulez-vous que tienne ? », s’inquiète la commerçante qui rajoute : « Si les autorités communales  ne nous aident pas, je vais devoir mettre la clé sous le paillasson ».

Pour Damien Robert, chef de groupe PTB+ à Seraing, qui a été interpellé à de nombreuses reprises par des commerçants inquiets  : « Les autorités communales doivent faire le maximum pour les aider à faire face à une situation extrêmement difficile qui va durer encore au minimum huit mois».

Les commerçants pointent plusieurs problèmes du doigt. Premièrement, ils s’inquiètent de l’allongement des travaux.  En effet, ils étaient prévus pour une année. Ils sont dorénavant prolongés de 8 mois. « Pendant cette longue période de 18 mois, l’accès aux commerces est rendu très difficile et les clients désertent la rue Cockerill à cause des travaux», constate Damien Robert.

De plus, le Bourgmestre avait promis aux commerçants qu’ils seraient indemnisés en cas de fermeture temporaire. Or, les commerçants qui sont dans le cas n’arrivent pas à obtenir ces indemnisations malgré leurs nombreuses démarches. « Lors d’une réunion en décembre, Monsieur Mathot nous a promis des indemnités en cas de fermeture temporaire et plus tard, en janvier, nous avons reçu la même promesse par écrit », explique Caroline Boumadi. « Pourtant », rajoute la commerçante, « j’ai fait toutes les démarches et on me répond que c’est impossible d’avoir accès à ce fonds d’indemnisation  car il n’existe plus ».

En effet, ce fonds a été supprimé en juillet 2014 suite à la sixième réforme de l’état. Le fonds a été régionalisé et le gouvernement wallon a décidé de le supprimer et d’empêcher les commerçants qui subissaient des nuisances et des travaux lourds prolongés de pouvoir se faire indemniser. Pour le PTB, cela pose question : « Pourquoi le Bourgmestre et les autorités communales continuent-elles à envoyer ces formulaires aux commerçants en leur promettant des indemnités si ce fonds est supprimé ? », s’interroge Damien Robert. Et le chef de groupe du PTB+ à Seraing de poser une dernière question : « Est-ce une erreur, une incompétence ou une façon d’éviter de répondre directement aux problèmes des commerçants ? »

Enfin, les commerçants sont déçus car d’autres promesses ont été faites et elles ne sont, à ce jour, toujours pas tenues. Carline Boumadi : « Les autorités communales nous avaient promis des allègements pour les taxes et des chèques qui seraient distribués aux citoyens pour qu’ils viennent consommer chez nous, mais rien ne se fait ».

Vendredi dernier, suite aux interpellations des commerçants et du PTB, le bourgmestre a réaffirmé que les commerçants ne devraient pas payer leurs taxes liées à leur commerce et que 10 000 euros de chèques allaient être distribués pour être consommés dans les commerces. Les commerçants attendent de voir car lorsqu’ils téléphonent à la commune, on leur affirme qu’ils devront bel et bien payer… Dans le même temps, le bourgmestre a aussi annoncé ignorer que le fonds d’indemnité était supprimé…

Pour Damien Robert, «les autorités communales doivent tenir au plus vite leurs promesses pour aider les commerçants à tenir le coup encore huit mois et elle doit indemniser les commerçants qui le souhaitent ». Et ce dernier de conclure : « Il faut aussi qu’elle renoue le dialogue sur une base de confiance avec les commerçants de la rue Cockerill ».