Le Master Plan ne solutionne pas les problèmes des Sérésiens et Sérésiennes.

Au conseil communal, la majorité socialiste a présenté ce lundi 2 septembre 2019 un « Plan stratégique ». Avec ce plan, le PS veut vendre une image de renouveau. Dans cette longue liste de projets, une partie d'entre eux sont de bon sens et nous les appuyons. Mais cela ne doit pas masquer l'essentiel. L’essentiel, c’est que ce « plan stratégique » amène peu de nouvelles choses par rapport à ce qui a déjà été présenté et discuté dans ce conseil communal depuis presque 10 ans. En fait, ce "plan stratégique" est dans la continuité de ce que l'ancien bourgmestre avait lancé avec la majorité socialiste. Damien Robert, chef de groupe PTB au conseil communal, est intervenu pour défendre le point de vue du PTB et rappeler les véritables priorités des habitants. Voici les idées qu'il a défendues dans son intervention. La majorité socialiste fait comme si ce Master Plan était la solution aux problèmes de la Ville. Mais cela fait dix ans qu'on nous martèle cette soi disant vérité. Il est temps de regarder les résultats. L'essentiel des projets du Master Plan sont orientés vers l'immobilier privé. Ce sont les projets qui demandent le plus d'investissement de la part de la commun. Ce sont aussi ces budgets qui demandent les plus gros subsides d'argent public. Cela se compte en dizaines, voire en centaine de millions €.

Parmi ces projets, on trouve le complexe commercial et de logements privés Gastronomia, le complexe immobilier, hôtelier et de loisirs de Cristal Parc au parc St Lambert, le projet immobilier à Trasenster, le projet immobilier à la tour de Jemeppe, le port de Yachts à Jemeppe… En plus de dépenser son argent pour une partie de ces projets et de mettre son énergie pour obtenir des subsides d'argent public pour dérouler le tapis rouge aux gros promoteurs immobiliers, la Ville ne recule devant aucun sacrifice financier afin de communiquer pour convaincre la population que la majorité choisit la bonne orientation. L’idée centrale est d’utiliser l’argent public pour attirer les investisseurs privés et pour attirer de nouveaux habitants avec de bons salaires. C’est la stratégie libérale de développement de la Ville.

La pauvreté augmente

Cette philosophie libérale transpire dans ce « Plan stratégique ». Le lecteur le constatera facilement. Sur les 194 pages, on retrouve 0 fois le mot « logement social ». On retrouve par contre 15 x le mot « immobilier ». Les habitants de notre commune demandent depuis des années plus d’emploi public, plus de propreté, plus de logements sociaux, plus de lutte contre la pauvreté, plus d'écoute et de prise en compte de leurs besoins. Mais contrairement à ce que les autorités tentent de faire croire, la stratégie menée par le PS ne fonctionne pas. La preuve ?

Le nombre d’allocataires sociaux explose. Le nombre de personnes qui touchent le Revenu d'Intégration Social a doublé en 10 ans. Le taux de chômage dépasse largement les 20 %. Le nombre d’enfants dans la pauvreté atteint des proportions inacceptables. Les files pour aller chercher les colis alimentaires s’allongent… Et le Master Plan ne crée pas d'emplois

Les autorités voudraient faire croire le contraire et sont même prêtes à manipuler les chiffres. En effet, en avril, juste un mois avant les élections, ils ont organisé une conférence de presse pour vendre cette idée suivante : "Le Master Plan est la bonne stratégie de développement pour Seraing et d'ailleurs, cela crée de l'emploi".

Cela vaut la peine d'analyser les arguments qu'ils ont développé un par un. Car ce sont ceux qu'ils ressortent dans toutes les conversations. Le bourgmestre et les échevins ont commencé par annoncer que, selon l'ONSS, en 2017, il y avait 17 598 emplois à Seraing en insistant sur le fait que cela constituait 645 emplois en plus qu'en juin 2016. C'est de la manipulation. Pourquoi ? Car ce chiffre ne veut rien dire. En effet, le collège a juste été cherché les statistiques les plus avantageuses pour se vendre. Il a pris juin 2016 comme point de comparaison. Il aurait très bien pu

prendre juin 2015. Mais il ne l'a pas fait. Pourquoi ? C'est simple à comprendre. Il y avait en 2015 78 emplois de plus en 2017 ! Ils auraient donc du annoncer à la presse que ces deux dernières années, l'emploi avait globalement baissé à Seraing... Cela aurait fait tache sur la carte de visite.

De plus, pour donner du crédit à cette histoire de création d'emplois, la majorité a aussi annoncé la création de 1549 emplois à Seraing sur une période de 17 ans (le nombre de salariés passant de 16 049 à 17 598). L'objectif de la majorité PS en présentant ce chiffre ? Montrer que même sur le long terme, la situation s'améliore. Mais c'est encore de la pure manipulation. Car ce que ce que la majorité socialiste a oublié de dire, c'est que sur cette même période de 17 ans, il y a eu à Seraing, comme dans le reste de la Wallonie, une augmentation de la population. Et que précisément, à Seraing, la population a augmenté de 3713 personnes. C'est donc tout à fait logique qu'il y ait plus de salariés sur son territoire communal si on a plus d'habitants dans sa commune. Ce n'est clairement pas une preuve d'une amélioration de la situation. Mais surtout, si elle avait eu l'honnêteté de rappeler l'augmentation de la population de 3713 personnes, la majorité aurait été obligée de reconnaître que 1549 emplois en plus sur une période de 17 ans avec autant d'habitants supplémentaires, c'est peu. Car si le nombre de travailleurs a augmenté de seulement 9 % à Seraing, il a augmenté en moyenne de 15 % dans le reste de la Wallonie.

Dans cette même conférence de presse, la majorité a aussi insisté sur une augmentation du nombre d'indépendants sur le territoire communal en un an. Ces derniers sont en effet passés de 2.877 à 2.941 soit une croissance de 2,2 %, entre décembre 2016 et décembre 2017. Est-ce que cela démontre que le Master Plan crée de l'activité et encourage les gens à développer leurs propres activités commerciales ? Non. En fait, le nombre d'indépendants augmente de façon générale, en Région wallonne. Et ce n'est pas parce que la situation s'améliore. C'est simplement parce que de plus en plus de travailleurs salariés sont poussés à devenir indépendants, voire indépendants complémentaires.

Enfin, la majorité se tait dans toute les langues sur la qualité d'emploi. Or, elle est aussi problématique. Parmi l'ensemble des salariés, le nombre de temps partie atteint 34 %. C'est plus que la moyenne wallonne. Et ce n'est pas positif. De plus, la part des intérimaires est en très forte augmentation. Elle est passée de 3,2 % au début de l'ancienne législature à 4,4 % il y a un an sur la commune. Ce qui est encore plus interpellant, c'est qu'il y a, en pourcentage, presque deux fois plus d'intérimaires à Seraing que dans le reste de la Wallonie.

Conclusion ? La stratégie du PS pour Seraing ne crée pas d’emplois, elle ne permet pas de lutter contre la pauvreté et elle n’attire même pas des nouveaux habitants aux salaires décents. Cet échec n’est pas le fruit du hasard. En effet, le fond la stratégie est erroné.

La stratégie libérale adoptée par le PS est un échec Cette stratégie, c'est celle dite du "ruissellement". Avec cette stratégie, ses défenseurs font croire que l’argent public va attirer l’investisseur privé qui va créer de l’emploi et répandre une partie de sa richesse sur l’ensemble du territoire et de ses habitants.

Mais ce n’est pas comme ça que ça marche. Nous ne sommes pas dans un monde de bisounours. Nous vivons dans un monde où l’économie fonctionne avec des règles clairement établies. Ces règles sont basées sur la recherche du profit. L’investisseur privé ne va pas venir pour créer de l’emploi, investir dans des projets utiles et payer des impôts à la collectivité. Non. L’investisseur va venir pour profiter un maximum de subsides publics, il va venir pour investir dans des projets qui vont lui rapporter le plus de profit possible et le plus rapidement possible. Et il va venir en tentant d’investir le moins possible dans la main d’œuvre. Et il va venir en tentant de payer le moins d’impôts possible. D'ailleurs, dans les autres communes, on partage la même philosophie et on fait pareil. Chaque pouvoir public fait le maximum de courbettes pour attirer les investisseurs privés, jusqu'à faire la carpette. Et chaque commune s’arrache ces fameux ménages aux deux bons salaires qui sont

d’ailleurs, dans notre région, malheureusement de moins en moins nombreux.

Conséquence ? La richesse n'est pas redistribuée. Il serait temps de tirer les conclusions correctes et d’arrêter de prendre cette orientation. Au lieu d’encourager ce phénomène, la majorité devrait utiliser l’argent public pour garantir le maximum de droits sociaux aux habitants de notre ville. Le PS préfère continuer à fonctionner avec ses œillères.

Nous le regrettons. Plus que jamais, nous allons continuer à défendre les intérêts des habitants de notre Ville contre cette logique libérale qui dirige la ville comme une entreprise privée. Ce que nous voulons, au contraire, c'est que Seraing soit gérée comme une bonne entreprise publique. Nous le méritons bien.


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